31 octobre 2009

Lire la photographie de Ferrante Ferranti

Nous vivons dans un monde sursaturé d'images, où le signifiant et le signifié entretiennent des rapports complexes. Nous générons des milliards d'images qui s'amassent sur nos disques durs sans pour autant prendre sens, sans pour autant nous délivrer du sens. Le petit livre de Ferrante Ferranti tente d'ouvre les portes à une vision critique de l'image, dans laquelle les circonstances de la prise de vue ont un poids. C'est que Ferranti ne s'intéresse pas à l'imagerie 100% numérique, au collage digital d'images recomposées, remixées. Le photographe privilégie une photographie qui entretienne un rapport au temps ambigu: reflet de l'instant, du fragment, mais pensée dans une démarche globale, préméditée.
Petit catalogue de photos commentées qui s'inscrivent dans des thématiques, petit musée de l'auteur, non pas fait de chefs d'œuvre enchainés, mais de clichés entretenant des liens entre eux.

Joli petit livre.

Le Littérroriste

26 octobre 2009

District 9

Les aliens ne sont pas comme nous. Je ne suis pas raciste, mais je pense qu'il vaut mieux pour tout le monde que l'on reste chacun chez soi.
Prenez ces crevettes par exemple. Ne sont-ils pas répugnants, ne vivent-ils pas tels des larves dans ce bidonville sudafricain, depuis leur arrivée calamiteuse, il y a de ça plusieurs années ? Et la cohabitation avec les locaux ,ne se passe-t-elle pas très mal ?
Heureusement, les services dits publics vont organiser un petit déménagement de tout ce beau monde, pour les reloger un peu plus loin.
L'opération va mal tourner, la rencontre entre les deux espèces va finalement advenir par hasard, suscitant l'inimaginable.

Un film trash, inventif, drôle et profond à la fois, à plusieurs niveaux de lecture.

NON-HUMANS BANNED !!!

Le Littérroriste

25 octobre 2009

Le saule d'Hubert Selby Jr

1998, le bronx. L'horreur, la violence pure. Un adolescent noir et une latino sortent ensemble et se font agresser par un gang local qui ne supporte pas le mélange des genres. Il est tabassé à mort, elle est défigurée à l'acide. Il part se réfugier au loin, recueilli en mauvais état par un faux clochard âgé qui vit dans une semi clandestinité. Elle se suicide à l'hôpital. Germe l'idée de la vengeance alors que le vieil allemand soigne l'adolescent. Apprentissage de la douceur, du cool dirait-on, alors que le corps se répare et que l'heure du châtiment approche.

Livre magnifique, langage vrai, d'un écrivain qui lui aussi a connu l'enfer.

Le Littérroriste

04 octobre 2009

Very bad trip

Courez voir ce film délirant, encore à l'affiche dans quelques salles parisiennes. Un concentré de sexe, de drogue et de rock'n roll explosif, balayant définitivement toute notion de politiquement correct. Le prétexte : une bande de copains se retrouve à Las Végas pour un enterrement de vie de garçon. Entre drogue du violeur, tigre de Mike Tyson, prostituée au grand coeur, maffieux chinois homo et disparition du futur marié, le cocktail prend tout de suite, servi par une réalisation inspirée.

Le Littérroriste

13 septembre 2009

L'imaginaire érotique au Japon d'Agnès Giard

Livre magnifique, très abondamment illustré, L'imaginaire érotique au Japon nous dévoile toutes les facettes des fantasmes japonais, entre high-tech et rites primitifs shinto, rites de fertilité et cauchemards post-nucléaires, bondage et poupées. Univers foisonnant et fascinant d'un ouvrage qui ne tombe jamais dans la vulgarité, aborde tous les thèmes avec humour tout en les replaçant dans une perspective historique qui est ici, plus qu'ailleurs, fondamentale. Impossible de comprendre cet imaginaire sans saisir le poids de la défaite de 1945 ou de l'héritage shinto, par exemple. Agnès Giard parvient à nous transmettre un contenu très riche : ce livre, comme toute chose au Japon ("homme, femme, papillon, pierre ou fleur") a lui aussi une âme.

En bref, un ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains... mais à mettre entre toutes les autres !

Le Littérroriste

12 septembre 2009

Seul le silence - R.J.Ellory

Encore une énième histoire de serial killer ? Oui, mais quand on aime, on ne compte pas, on ne compte plus... les petites filles assassinées. Et Ellory n'est pas Ellroy, il développe ses propres obsessions, son propre rapport au passé, au souvenir. Histoire d'un destin tragique, histoire d'une impuissance face au mal qui ravage le monde autour du narrateur année après année, Seul le silence captive de bout en bout, s'enfonçant dans la noirceur avec délices.

Le Littérroriste

10 septembre 2009

Beautiful People

Le livre D'Alicia Drake se plonge avec délice dans les turpitudes et mesquineries des deux grands couturiers Saint Laurent et Lagerfeld. L'envers du décor n'est pas très propre, les miroirs y renvoient à l'infini les jeux de l'ego, du pouvoir, du sexe sordide et du carriérisme assoiffé de jeunes garçons prêts à tout pour réussir, s'il le faut au fond du lit des maîtres.

Le Littérroriste